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L’accès aux soins en France entre inégalités et tensions économiques

29/11/2016 - D’après le Panorama de la santé 2016 de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), la France est aujourd’hui l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe en matière d’accès aux soins et donc de protection sociale avec 12 % de la population, parmi les 20 % les moins aisés, qui renonce à se soigner pour des raisons financières. La France se situe ainsi en-deçà de la moyenne européenne avec un taux de renoncement global qui se monte à 6,6 % contre 6,4 % en Europe.
Différents facteurs sont en cause.
Les dépenses de santé, particulièrement élevées en France, contribuent à accroitre les inégalités. Elles représentent 11 % du PIB contre 10 % en moyenne dans l’UE.
La crise financière de 2008, l’OCDE soulignant que le nombre de personnes renonçant à se soigner ne cesserait d’augmenter depuis 2010.
L’écart de densité médicale entre les villes et les campagnes, particulièrement marqué en France, qui conduit à des hospitalisations qui auraient pu être évitées via une consultation médicale. De plus, la France est l’un des rares pays ou le nombre de médecins n’a pas progressé depuis 2000.


À noter également l’état de santé global de la population française. Si cette dernière se caractérise par l’allongement de l’espérance de vie (d’ici 2060, les plus de 65 ans représenteront un quart de la population française), elle est également en moins bonne santé que les autres pays de l’UE, notamment les adolescents. Seuls 6% des filles et 14% des garçons âgés de 11 à 15 ans consacrent au moins une heure par jour à une activité physique alors que l'ensemble des pays européens tourne autour des 20%.


Afin de réduire ces écarts, l’OCDE recommande à la France d’intensifier ses efforts en matière de prévention, notamment concernant le tabagisme, l’alcool et l’obésité. On compte ainsi 22,4 % de fumeurs en France (particulièrement parmi les adolescents de moins de 15 ans avec 1 /5 qui déclare fumer au moins une fois par semaine) contre 21 % en Europe. Même constat pour l’alcool avec 11,5 litres d’alcool pur consommé par habitant par an contre 10 litres en moyenne dans l’UE. Or les dépenses liées à la prévention ne représentent que 1,9 % des dépenses générales de santé en France, contre 4,1 % au Royaume-Uni par exemple.