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Journée des femmes de l'assurance : le risque et l'innovation

Le 20 avril 2017, SIACI SAINT HONORE, en partenariat avec Liberty Speciality Markets, a organisé la première édition de la Journée des femmes de l’Assurance. Événement réunissant des femmes risks managers autour de la question de l’incubation, du développement des projets innovants dans les organisations et les risques associés.

L’ère de l’innovation intensive

Depuis 2014, le nombre de brevets tend à croître de manière significative, alors qu’il stagnait depuis plusieurs années. Cette progression s’explique notamment par des politiques d’innovation telles que le crédit impôt recherche, les pôles de compétitivité, etc. Armand Hatchuel, professeur à l’École des Mines, évoque ainsi l’entrée dans l’ère de l’innovation intensive. Alors qu’autrefois, l’innovation était suivie à travers des indicateurs tels que l’investissement R&D ou le nombre de brevets, elle est aujourd’hui suivie bien autrement. En effet, il s’avère que près de la moitié des innovations ne sont pas technologiques, mais organisationnelles, managériales ou de l’ordre des usages.

Tant qu’une innovation n’est pas socialement appropriée, elle demeure une invention. Trois grands types d’innovation peuvent être distingués : l’innovation incrémentale, qui consiste à améliorer un produit existant, l’innovation radicale et l’innovation de rupture. Il peut être parfois difficile de différencier l’innovation radicale et l’innovation de rupture. Pour Clayton Christensen, l’inventeur du terme « innovation de rupture », celle-ci se caractérise d’abord par un profond bouleversement du modèle d’affaires (business model). Les quelques entreprises qui ont réussi à révolutionner leur modèle d’affaires, sont celles qui ont eu l’intelligence de créer une entité à part, protégée, déconnectée de la maison mère et à même de développer l’innovation.

Allez ouste, dehors !

Dans les entreprises, différentes pratiques d’expérimentation sont menées. Certaines consistent à mettre en place une chaîne de l’innovation, à l’origine de laquelle s’établit un travail de veille. Cette dernière est exercée de différentes manières. Otto Scharmer, maître de conférence de l’Institut de Technologie du Massachusetts, pour modéliser la théorie U, a étudié pendant un an des dirigeants qui ont transformé profondément leur organisation. Il a ainsi mis en exergue un point commun à tous ces acteurs, à savoir leur ouverture d’esprit notamment vis-àvis de la nouveauté. Véronique Hillen, à l’origine de la méthode du « design thinking » résume cet état d’esprit par la phrase suivante : « Allez ouste, dehors ! » Autrement dit, allons observer nos clients, nos prospects, nos concurrents, et nous mettre dans la position d’une écoute la plus ouverte possible.

Les nouvelles pratiques d’innovation

Dans les nouvelles pratiques d’innovation, le sourcing1 n’est plus assuré uniquement par la R&D, mais de plus en plus par des équipes transverses, parfois à l’initiative d’une direction de la Stratégie ou de l’Innovation. En outre, plutôt que de confier la tâche d’analyser le monde entier à une équipe, l’organisation met en place un écosystème en charge de cette mission. En matière d’innovation s’applique le principe du minimum viable product (MVP). A titre d’exemple, lorsque l’on souhaite construire une voiture, on ne commence pas par créer la roue mais plutôt un skateboard, c’est-à-dire un prototype à faible coût qui permet d’offrir aux utilisateurs l’intention essentielle de l’invention. Cette ébauche matérialisée de l’invention est notamment le domaine d’activité des laboratoires, comme l’incubateur Usine IO à Paris ou le fab lab ICI Montreuil.

Le prototypage présente l’intérêt de rendre visible un produit et de pouvoir l’expérimenter concrètement. Il peut aussi concerner un service et mettre ainsi en situation les futurs utilisateurs. Le prototypage est également un facteur de réduction des risques. Il offre un retour de la part des utilisateurs, pour un coût qui reste limité. Dans le même temps, il déconstruit les pratiques de l’organisation et initie un changement de culture et l’avènement de nouvelles manières de travailler.

Les structures dédiées à l’innovation sont très diverses. Il peut s’agir des incubateurs de start-ups, à l’instar du Village by CA du Crédit Agricole ou de la Halle Freyssinet, des sociétés de capital-risque qui se consacrent au financement de projets, des labs d’innovation qui sont des lieux de création de projets innovants ou d’accompagnement de projets de transformation, ou encore des showrooms. L’entreprise qui souhaite innover se confronte à deux options : soit innover dans la structure, soit créer une entité externe dédiée à l’innovation. La deuxième solution est sans doute la plus pertinente, même si elle complique l’appropriation de l’innovation par l’entreprise...

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