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L’Assurance Maladie sur la piste du zéro reste à charge en dentaire

L’Assurance Maladie veut assurer l’accès aux soins dentaires en faisant de la prévention et en garantissant une meilleure prise en charge des coûts
23/02/2018 - À la demande de la Ministre de la Santé Agnès Buzyn, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a présenté cette semaine un projet de convention tarifaire aux représentants des dentistes. Objectif ? Permettre aux Français de soigner leurs dents en déboursant moins de leur poche.
 

3 paniers de soins pour être mieux remboursé

Dans son projet dévoilé le 16 février dernier, la CNAM propose un système de remboursement à 3 niveaux pour les soins prothétiques (bridges, couronnes, prothèses dentaires, inlays,…) qui ne sont pas pris en charge à 100% à l’heure actuelle. La prise en charge varierait en fonction de deux critères : la localisation de la dent d’une part et la nature du matériau utilisé d’autre part. Le premier panier de soins aurait un reste à charge de zéro. Il concernerait les soins prothétiques dits « essentiels » (46,6% des actes). Par exemple, une couronne métallique, aujourd’hui remboursée 107€, ne coûterait rien au patient. Même cas de figure pour une couronne céramo-métallique, mais uniquement pour les dents de devant (incisives, canines, molaires). Les paniers de soins 2 (reste à charge modéré) et 3 (tarifs libres) incluraient des soins et des matériaux jugés plus esthétiques, par exemple la céramique ainsi que certains bridges (gratuits si métalliques, moins bien remboursés si céramo-métallique) et prothèses amovibles (remboursées si à base de résine).
 

Effort tarifaire et prévention santé au cœur du projet

Pour arriver à cette formule, la CNAM demande aux dentistes de baisser leurs tarifs. Au total, une baisse de prix de 562 millions d’euros est exigée. L’Assurance Maladie mise également sur la prévention dentaire, notamment auprès des enfants de moins de 6 ans. Apprendre les gestes d’hygiène bucco-dentaire, repérer et soigner les caries,… Autant de mesures qui permettraient de moins consulter un dentiste plus tard. Une réunion est prévue mi-mars avec l’organisme de santé et les syndicats de chirurgiens-dentistes pour poursuivre le projet.
 

La santé, au cœur des préoccupations

Ce n’est pas la première fois que la prise en charge de la santé est au cœur des préoccupations du Gouvernement. Depuis le 1er janvier 2016 déjà, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent proposer une complémentaire santé à l’ensemble de leurs salariés et la prendre en charge à hauteur de 50%. Cette mesure fait suite à la publication de la loi ANI adoptée en 2013. Cette mutuelle obligatoire, doit également répondre aux critères d’un contrat responsable et solidaire avec un panier de soin minimum, avec l’objectif de mieux encadrer les dépenses de santé et lutter contre les dépassements d’honoraires des médecins. Les salariés, pour renforcer leurs garanties, peuvent s’ils le souhaitent souscrire une surcomplémentaire santé.

Dans le viseur du Gouvernement, en plus des soins dentaires, on trouve également le remboursement à 100% des lunettes et des prothèses auditives, prévu pour 2022.